La puce à l’orteil

(Oui, oui je sais, je n’ai plus rien écrit depuis plusieurs mois)

Je tentais de distiller il y a quelque temps de cela mon bonheur de courir, de la dose d’endorphine ainsi générée, de la pensée vagabonde, de la sensation de ne pas devoir s’arrêter.

Désireux de retrouver ces menus plaisirs et armé de ma volonté de reprendre le sport sérieusement, j’ai pour la première fois depuis 10 ans couru un beau 10km le long du canal Bruxelles-Charleroi. C’est que le fumeur que je suis redevenu a hâte de retrouver la forme1. Mais l’objectif est encore loin d’être réalisé; il ne l’est qu’à 50%, en fait. C’est que je fais partie des quelque 25.000 inscrits aux 20 kilomètres de Bruxelles.

Machine bien huilée (autant qu’un bon vélo de course), les 20 km de Bruxelles bénéficient de dispendieux sponsors : Spa, Mars, mais aussi la banque KBC, l’équipementier Nike, le pétrolier Total, le Ministère de la défense (m’enfin ils vont organiser un ballet aérien à coups de kérozène au-dessus de nos poumons). Et pis il y a la Commission européenne2. Et ils ont fait dans le grandiloquent. Chacun des 25.000 participants a en effet reçu une puce électronique à fixer à la chaussure pour comptabiliser son temps automatiquement. Et ladite puce est frappée du logo de la Commission européenne, surmonté d’une petite phrase, toute bête, mais qui me fait gerber : 20 years fall Berlin Wall. C’est que ce libéral de Barroso compte bien mettre à profit 2009 pour célébrer la chute du Mur de Berlin.
C’est à se demander si on voulait vraiment son écroulement, au vu des conséquences du capitalisme. Allez, un exemple. Un autre mur, invisible, a été créé petit à petit par les états membres de l’Union européenne. Et là c’est pour empêcher les gens d’entrer, pas de sortir. Si le Mur de Berlin, aurait fait 1135 morts directs au maximum, ce sont pas moins de 13.767 candidats à l’immigration qui sont morts devant les murailles européennes faites de contrôle de sable du Sahara et d’eau méditerranéenne. Et cela entre 1988 et 2007. Le mur de Berlin a tenu 28 ans. Et la Forteresse Europe ?

Conseil de lecture : 54×13 de Jean-Bernard Pouy où la folle échappée d’un coureur cycliste à la manière d’un polar. Pour comprendre ce que peuvent penser des joggeurs ou cyclistes solitaires.

Conseil musical : “Quand les cigares” de Loïc Lantoine

  1. et il faut aussi que j’arrête rapidement de cloper []
  2. pour le vélo on se contente du sponsoring de la Loterie nationale et les pires sont Chiquita et la Dernière Heure []

mec,si j’arrête

4 mois, 5 jours et 20 heures sans clope. Et pourtant, quand je veux allumer la gazinière, je farfouille encore dans ma poche à la recherche d’un briquet. Grrrrrrrrr

Conseil musical : eh bien ce sera les Béru avec Le Renard. Trop besoin de résistance avec l’élection du facho

STOP = signe “arrête”

Féru de nouvelles découvertes musicales, je viens de m’inscrire sur la radio internet Pandora : vous introduisez un artiste apprécié, la radio recherche les groupes approchants le système a évidemment toutes ses limites). Cela permet de voyager un peu. Ce n’est, vous l’aurez deviné, gratuit qu’à la condition d’accepter la pub (et depuis la demi-heure que je l’écoute, je n’en ai pas encore eue. Je me demande s’il reste encore ne fut-ce qu’une seule chose terrestre non-atteinte par le capitalisme.

Autre condition : habiter aux Etats-Unis. Soit. j’introduis donc mon zip code à 5 chiffres et tape à pouf, sincèrement à pouf : 12542. <EDIT oui, bon, ils devinent vite que vous n’êtes pas ricain et coupent le machin, évidemment /EDIT> L’accro à wikipedia/google que je suis, toujours en quête d’informations absurdes (la fermeture du Conways c’est dans Le Soir, il me faut donc trouver plus inédit), se laissant voyager au gré de mes questions est donc aller taper “zip code 12542″ dans le moteur de recherche.

Cétait une surprise pour le peut-être ex-fumeur que je suis. Oui, une superstition m’empêche de dire que je suis un ex-fumeur. Un manque d’envie, aussi. C’est tellement plus chic d’avoir une réputation de drogué et d’alcoolique, de gars en dehors des convenances et du convenable. Surtout par rapport à des non-fumeurs excités par le mince filet sortant de votre bouche et qui, du haut de leurs quatre roues motrices, vous assimilent illico à l’incinérateur de Drogenbos.

NB : Ah ben non, allez voir vous-mêmes.

Conseil musical : Arcade Fire que j’écoute quand je n’écoute plus !!! (voir post précédent). Ou bien c’est l’inverse.


Album : Funeral; morceau Neighboorhood#2 Laïka

Sieg*, j’arrête

* Victoire, en deutsch

Dans  quelques heures, ce sera un mois sans clope.
J’en ai  toujours envie. Le geste (ben oui). Pour sortir du bureau. Ces quelques  minutes de relâche totale. Pauses essentielles.

Maintenant,  ma pause, c’est regarder les travaux par la fenêtre.

En grignotant.  Et  qu’est-ce que je bouffe! Je me suis pesé la semaine  dernière. Eh ben j’ai pris 5 à 6 kg.

C’est vrai  qu’avant de décapsuler sa trappiste, il faudrait un peu plus penser à la  gueule des moines.
C’est vrai  aussi que la journée comporte trois repas et pas quatre + ½ litre de café, du  chocolat, des bonbons sûrs, une banane, un yaourt de 500g, des TUC, une orange,  une trappiste. Plus mon litre de flotte.
C’est vrai  que j’en ai un peu marre de passer mon temps à faire des courses, la cuisine,  la vaisselle et puis d’avoir de nouveau faim et rebelotte.

20 jours,  5/6kg, ça fait 250 à 300 grammes par jour qui ne sont pas éliminés qui restent  quelque part. Ca représente une tablette de Côte d’or aux noisettes.

contenu encore moins essentiel :

à ce propos, je constate que le prix du  chocolat Côte d’Or augmente de manière totalement supérieure à l’inflation. Je  pense que je vais faire une pétition pour que les personnes qui arrêtent de  fumer aient leur Côte d’Or remboursé par la Sécu.

Fin du contenu encore moins essentiel

Bref,  admirez mes abdos en tablette de chocolat et relisez mon post  introductif (<EDIT ou plutôt directement sur Abdokrono : vous constaterez que je suis le Nostradamus de la sangle abdominale . Surtout que je refais du sport depuis une semaine (deuxième résolution annuelle). Premier constat : j’ai mal aux jambes avant de manquer de souffle.

Conseil musical : !!! (prononcez tchik tchik tchik ou pouf pouf pouf ça n’a pas d’importance) : leur album a au moins un nom “louden up now

Si, j’arrête

1. Ma cessation du tabac se poursuit. Grâce aux ou malgré les Westmalle triple dégustées en un exemplaire, évitant ainsi le risque “poisson rouge” (voir ce post). Remplacées à défaut par des double, des Leffe 9°, des Corsendonk Agnus ou encore des Duvel. Rien que du bon pour mes poumons, rien que du péril pour mon foie.

2. C’est avec une nostalgie naissante que je hume mes veste et pulls emprunts d’une si reconnue odeur de tabac après soirée agitée. Donc oui, je parviens à ne pas fumer en allant au… Havana.

3. Paradoxalement, je redécouvre les arômes multiples des variétés d’herbe à Nicot. Leurs senteurs cacaotées, leur parfum vanillé, ou au contraire leur odeur âcre. Tout ça me redonne envie de fumer. Conscient qu’en rallumer une éteindrait aussitôt ces délicatesses olfactives. La vie est mal faite.

4. Je me convaincs que quatorze jours sans cigarette ce n’est rien. Que le vrai danger, ce n’est pas le boss que je viens de buter, que j’en ai encore un à trucider pour le niveau 2.

Et que je ne sais toujours pas combien il y a de niveaux à ce bête jeu. Juste une bouffée? Euh non, vais plutôt me prendre une Duvel, tiens. Mais qui m’avait donc dit qu’on avait deux poumons mais un seul foie ?

5. Et un seul estomac puisque je n’ai toujours pas retrouvé un appétit normal. Aujourd’hui entre 16h et 19h : un paquet de chips ringlings, un Galler “manon”, trois mandarines, un repas d’homme steack/riz/sauce provencale et enfin un yaourt. Il est 21h et :

J’AI FAIM

Je vous conseille : Sage Francis et l’album Healthy Distrust, rap aux sonorités angoissantes.

La cigue, j’arrête : premiers constats énervés

1. C’est bon, une cigarette.

2. On vous dit, vous pensiez, mettre un peu d’argent de côté. Un paquet par jour, ça fait 30€ par semaine, je pars en vacances dans trois mois. Economiquement, c’est aussi stupide qu’une analyse de Daniel Ducarme sur le salaire poche*. D’abord, et quelle coïncidence, ça tombe juste après les bonnes résolutions : il y a les soldes. Ensuite, je retrouve de l’appétit au point d’oublier avoir déjà pris mon dîner et me demander quand je vais manger. Et enfin, la dureté du sevrage doit bien être compensée par quelques petits plaisirs, n’est-ce pas?

3. Putain d’insomnies.

4. Le souffle est toujours aussi court. Ben oui, il faut aussi faire du sport (là, je ne me plains pas).

5. L’odorat revient. Franchement, je ne parviens pas à positiver là-dessus. Première galère : dès qu’un non-converti à la secte de Rudy Demotte s’en grille une, je ne peux que le sentir. Et si c’est délicieux, une cigarette, l’arôme qui s’en dégage pendant 10 à 15 minutes est tout aussi plaisant (je commence à déraper d’énervement sur mon clavier). Deuxième souci : mais ça pue, la ville !!! Le métro aux heures de pointe, c’est Mellery + Planet parfums + California Gym + l’odeur d’une exquise cigarette consumée par un navetteur juste avant de s’engouffrer dans la station. Les poubelles, gaz d’échappement, les merdes de clébards, les fruits pourris, le poisson pas frais, toutes ces senteurs étaient ô combien plus discrètes il y a cinq jours.

6. Entre chewing-gums peppermint et cure-dents nature, mes zakouskis anti-tabac, pris entre le premier et le deuxième repas de midi, dénotent par leur simplicité. Je vais essayer d’empaler deux chewing-gums sur un cure-dent et les passer cinq minutes au four pour voir si c’est meilleur, tiens.

7. Mon “petit plaisir pour compenser la dureté du sevrage” s’appelle Westmalle triple. Dont coût : 1€ au supermarché, 2,5€ à 3€ au café. Le bac de Westmalle pour remplacer le paquet de clopes n’est donc pas envisageable. Mais ce n’est pas tant le coût que l’efficacité de la Westmalle qui nécessite une consommation de type “bière brassée avec savoir…”

Première Westmalle : effet relaxant. Permet d’écrire. Au bistrot, aide à résister. Hésitation à redescendre à la Carlsberg (la bête pils donne réellement envie de fumer) ou à maintenir le plateau avec une deuxième triple.

Deuxième Westmalle : effet doucement euphorique. Montée en puissance. Souvent bue trop rapidement. Génère systématiquement la commande d’une troisième.

Troisième Westmalle : effet “poisson rouge“, soit un effaçage accéléré de la mémoire. Mais pourquoi ai-je débuté à la Westmalle? Bon, je vais m’en griller une …

Du coup, je m’en tiens à une.

8. Tous les potes vous disent que “c’est bien d’arrêter” : les non-fumeurs se convainquent tous seuls de l’utilité de leur insupportable apostolat qui m’a fait recommencer plus d’une fois par provocation; les non-fumeurs me le disent, qui avec envie, qui avec dubitation – et il y a de quoi – qui encore avec un rien de désir de me voir replonger. Mais TAISEZ-VOUS !!! TOUS!

9. Mon réalisateur préféré qui n’a pour seul vice – mais il est de taille – que la méditation transcendentale se la joue provoc’ ricaine en posant en Une des Inrocks avec une belle, sensuelle et lascive… non, pas Patricia Arquette. Avec une cigarette! C’est dire si je suis en manque.

10. J’évite les cafés (non, pas camés) fumeurs (non, pas tumeurs). J’ai la trouille de mon prochain concert (non, pas cancer), tous (non, pas toux) vont cloper aussi. Et je devrai y assister sans broncher (non, pas bronchite chronique aigüe).

11. Je m’interdis tout joint avant lundi parce qu’il y a du tabac dedans. Et je m’interroge sur mes envies : marie-jeanne ou nicotine ?

12. Allez, je vais prendre l’air.

* A ce propos : cherchant un lien amusant à placer en rapport avec le salaire poche, j’ai constaté que le terme n’est utilisé qu’en Belgique. Ce brave Daniel aura donc réussi quelque chose : créer un belgicisme. Allez voir pour rigoler un peu.

Et euh, je vous conseille… Miles Davis et l’album Jean-Pierre, tiens. Et si vous aimez Cindy Lauper, (et elle aussi a son site internet) ça vous fera une surprise.

punk is dead

Oui l’épisode 2 n’est pas encore paru.
Non, je ne me prends pas pour George Lucas, les seuls effets spéciaux que je connaisse sont ceux de la
Westmalle Triple.

Scène 3 : Punk Is dead

1er janvier 2007, 03h30. Après la pluie, en attente du bus N quelque chose, censé nous transporter au centre-ville, Ariane, Guéric et moi, seuls rescapés du réveillon Nono/Lolo.

Bien entendu, les horaires “spécial 2007″ ne sont pas placardés. Il eut fallu que l’amateur de transports en commun les apprenne par cœur. Ou se trimballe une cinquantaine de pages imprimées à la hâte sur une vieille deskjet à la cartouche tout aussi sénescente. Et surtout que, passablement imbibé, il n’oubliât pas son indigeste leçon le moment venu. Ou n’égarât ses documents. Mais écartons mon côté râleur. Il ne fait pas froid, il ne pleut plus, nous avons bu suffisamment et les autres stations-debout nous répondent après nos questions “vous êtes là depuis longtemps?” et “Vous savez quand le bus doit (oui, oui, c’est une obligation) arriver?” par un soulageant “15 et 5 minutes”.

“Bon je vais prendre des bières au paki“, proclame-je
– C’est ça. Pour voir passer le bus pendant qu’on t’attend, s’exclament Ariane et Guéric
– Ben on boira une bière au Confrater alors! s’enflamme Guéric
– et on re-ratera le bus et on retournera au Confrater et on re-re-ratera le bus. Et pis Clouseau en loop song c’est moyen comme soirée de nouvel an”.

Les cinq minutes s’écoulent. Deuxième cigarette allumée et espérance que, vieille légende urbaine, dès la première bouffée expulsée, notre moyen de locomotion se dessine à la lueur orangée de l’éclairage public.

Troisième cigarette.

Quatrième cigarette.
Je me dis que j’aurais bien pu aller au paki et qu’il est encore temps. Que la STIB c’est un peu le Grouchy des temps modernes : la Gare se meurt et nous ne nous rendons pas, on fait du sur place

Cinquième cigarette.
On commence à penser que le Confrater, juste pour une bière, ce n’est pas une si mauvaise option.

Sixième cigarette. Un taxi à trois c’est pas si cher, finalement. Plusieurs sont déjà passés à vide. Il y a un espoir. Et précisément, il s’avance notre espoir. Oui, non ? Le temps de se poser la question est à peine entamé que deux ombres surgissent de la nuit (de l’autre côté du trottoir, si vous préférez. Du café juste à côté du paki où j’aurais volontiers été chercher trois canettes). Un alter bobo, jeans crade, sweat à capuche, crâne tondu et un punk à référence : Bérurier Noir sur le dos, façon Barbara. Il a sorti sa crête des grands jours et tout le bataclan. c’est tout dire, son blouson a l’air propre (mais un blouson noir dans le noir aussi…)

Et tous deux traversent en courant vers le tacard. Hein, quoi ! Un punk dans un taxi !? Alors que trams, bus, et métro quadrillent la ville (enfin toute la ville sauf notre arrêt)! Qu’un punk ça peut faire du stop, que de toute façon, ils sont tellement dans leur logique bovine qu’ils restent bien souvent là où ils sont pour boire leur bière. Un punk dans un taxi c’est aussi incongru qu’un taximan attendant de ramasser les clients devant le Magasin 4, leur demandant s’ils doivent aller à l’aéroport ou au Conrad*, s’ils ont des bagages en dehors de leur carapils** et “ne vous en faites pas pour le chien, il peut monter”.

Vu le spectacle, on a fonctionné un peu à l’inverse d’une détonation : d’abord soufflés et puis seulement explosifs. Et de commencer à les railler et les traiter de faux punks, de branleurs et que le punk est mort et que “ouais c’est ça retourne chez tes parents à Woluwe”, direction suivie par le sapin. Parce que “quand on veut être punk, il y a une étiquette à respecter, Monsieur!”

Et en fait, non c’est pas incongru un punk qui prend un taxi. C’est simplement impossible
Les punks, c’est 1977-1980. Après y a pu. FI-Ni. Ne reste que la queue de la comète et les fins de cannette. Déjà en 1979, Crass chantait Punk Is Dead.

Aaaaaaaah mais voilà un autre taxi. Ouf, pas de punk dedans. Juste un taximan encore plus barge comme vous le verrez dans le prochain épisode. Allez en route vers le Coaster.

* : j’aurais dit l’Amigo il y aurait eu ambiguïté sur la raison de la destination : hôtellière ou geôlière
** : oui, oui ça existe : http://www.myspace.com/carapils

Fatalement , je vous conseille d’écouter (c’est parfaitement audible) Crass et son album Stations of the Crass : Plus d’infos sur Crass lisibles sur wikipedia. Et tant qu’à faire allez, pourquoi pas, consulter la notice sur le punk ou allez voir un site un peu pris au hasard d’un fan de Crass (voilà : les anciens punks intelligents, maintenant ils font des sites internet hommage/ posthume, se lancent dans le webdesign et la réalisation de courts métrages avec des mini-dv)